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Le libéralisme est un totalitarisme

Les méthodes de recrutement par simulation : la compétence contre la qualification

14 Avril 2010, 17:37pm

Publié par Marianne

  La méthode de recrutement par simulation consiste à tester les compétences d'une personne pour un métier ou un poste, sans s'occuper de sa formation ou de son expérience professionnelle, en imitant ses tâches quotidiennes. Une quarantaine d'exercices, contenus dans une « simulathèque » miment les conditions réelles de travail. Expérimentée il y a 20 ans par deux responsables de l'ex-ANPE, cette méthode n'a connu jusqu'à présent qu'un usage très limitée, mais des responsables de Pôle Emploi tentent de la remettre au goût du jour, au nom de son efficacité supposée « faire la différence ».

  Le recours à cette méthode participe d'une attaque contre les travailleurs, qui consiste à les dépouiller de leur qualification, comme quelque chose qui leur appartient en propre, attestée par un diplôme ou une pratique professionnelle. La qualification est quelque chose que le postulant à un emploi fait valoir à l'employeur, auquel peut-être attaché un niveau de rémunération ; une qualification professionnelle, c'est aussi une fierté, une identité collective liée à un métier, à un savoir-faire.

  Aujourd'hui, on ne reconnaît plus les qualifications, on les nie, au profit de compétences étroites qui ne concernent plus que l'occupation d'un poste de travail, pour une ou plusieurs tâches, dans une période donnée. Ce n'est plus le travailleur qui peut se prévaloir de sa qualification, c'est l'employeur qui l'évalue, qui fait son marché parmi des salariés jetables et hautement précaires, en fonction de ses besoins du moment. Dépossédé de sa qualification, le travailleur est dépossédé d'une part de lui-même et soumis dans un rapport de dépendance accru à son employeur, y compris dans le regard qu'il peut porter sur lui-même.

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Fishdrake 15/05/2012 15:55


@ Céline :

Avez vous discuté du sujet avec des membres de Pole Emploi ?

J'en doute. A l'heure actuelle cette méthode est mise en place en association avec les employeurs et ce sont des gens qui connaissent le poste de travail qui participent a l'élaboration des
évaluations. Ces évaluations sont même testées sur des salariés du secteurs concerné afin de verifier leur validité.

Marianne 28/06/2012 16:47



Les salariés de Pôle emploi avec qui j'ai pu discuter sont en souffrance, et entre autres celle de ne pouvoir répondre correctement aux attentes des demandeurs d'emploi.


Mon article ne dit pas que la méthode de recrutement par simulation est faite n'importte comment, il dit que le fait de privilégier la compétence à la qualification renforce le pouvoir de
l'employeur au détriment du salarié. Ce que confirme votre commentaire



Marianne 22/03/2012 19:46


Il n'y a plus d'agents de l'ANPE mais des salariés de Pôle Emploi. Le gouvernement a fusionné "à la hussarde" l'Assédic et l'ANPE, chacun devant en principe être compétent à la fois dans le
placement en entreprise et du calcul du droit à indemnisation, après seulement quelques jours de formation. Evidement ça ne marche pas et le service rendu aux demandeurs d'emploi est déplorable.
Mais les vrais responsables ne sont pas les employés au guichet qui ne font qu'exécuter ce qu'on leur dit. Les vrais responsables sont ailleurs, au niveau des directions régionales et nationales,
au niveau du gouvernement, au niveau d'intérêts économiques qui ont voulu casser le service public de l'emploi pour d'une part confier à sociétés privées les recrutements rentables et de l'autre
disposer d'une main-d'oeuvre bien malléable. D'où ces "parcours du combattants" imposés aux demandeurs d'emploi, aussi humiliants qu'économiquement absurdes : la véritable fonction de ces
processus est de casser les salariés, en leur faisant bien sentir leur état de dépendance.


c'est bien ça le totalitarisme actuel. Il y a des syndicats et des associations de chômeurs, rejoignez les, ne restez pas seule avec votre amertume, mettez vos expériences en commun,
révoltez-vous avec les autres

Céline 20/03/2012 12:23


Mon avis est que cette méthode de recrutement qui consiste à ignorer les expériences professionnelles et les motivations d'un candidat est parfaitement scandaleuse. Ils faut savoir que ce sont
des gens de l'ANPE qui font passer ces tests, et non des professionnels d'un secteur donné. 


La notation est aléatoire, fondée principalement sur l'observation et non sur des critères sérieux. Ces tests avec leurs règles tarabiscotées (sans parler du facteur chance qu'ils comportent, un
peu comme à la loterie) ne reflètent ni la réalité d'une personne ni la réalité du travail dans une entreprise donnée. Ils ne rendent pas compte des compétences d'une personne.


Pour ma part, j'ai un BAC+2 niveau BAC+3 mais j'ai surtout une expérience professionnelle variée… Et je n'ai pas attendu d'avoir mes 18 ans pour travailler. Et on vient me raconter que je n'ai
pas l'habileté pour devenir facteur, ou que je mande d'esprit d'initiative... Mon parcours montre bien, pourtant, que je possède toutes les qualités requises… Par ailleurs je ne prétendais pas
être opérationnelle, j'ai passé ces tests pour pouvoir suivre une formation justement. 


À mon sens, toutes ces méthodes sont débilitantes. 


Des gens qui élaborent des théories minables dans des bureaux, déconnectés du monde du travail, se permettent de juger une personne en quelques heures seulement. S'ils avaient pris en
considération deux minutes le parcours des candidats, ils auraient réalisé qu'au moins une personne présente à ces tests était déjà facteur depuis plusieurs mois… Cette jeune fille était là car
c'était devenu le seul moyen pour elle d'obtenir un CDI…


Aussi l'ANPE demande aux entreprises un engagement réciproque. Autrement dit les entreprises qui ont un partenariat de ce type avec l'ANPE ne doivent pas utiliser des modes de sélection
additionnels. Nous sommes donc mal barrés. 


Tout est fait pour maintenir les gens dans un état de débilité permanent. 

ASP385 29/06/2010 19:19



Pas d'accord...


Le problème est que la qualification ne reflète pas la compétence et qu'au boulot c'est la compétence qui prime. Il faut tester les candidats au regard de leur compétence, la qualification reste
un repère pour le recrutement puisque c'est souvent un facteur minimal d'exigence... mais à qualification égale, je prendrais le plus compétent.


C'est là que nos points de vue diverge, je crois. Si je cantonne la rémunération à la qualification, celui qui sera plus compétent sera rémunéré autant que le moins compétent, alors qu'il aura
fait plus d'effort pour apprendre et réaliser au mieux ses tâches... En définissant un niveau minimal de rémunération au regard de la qualification et une évolution potentielle de cette
rémunération au regard de la compétence, de l'engagement en somme, cela permettrai à chacun des salariés de trouver sa place dans l'entreprise par rapport à ses possibilités, ses contraintes
perso et ses envies... non ?



FO 14/04/2010 23:07



Mais rejeter en bloc cette méthode c'est aussi empêcher à des personnes ayant les compétences mais pas la qualification, d'accéder à l'emploi recherché. Je ne vois pas pourquoi on empêcherait
quelqu'un d'aussi (ou plus) compétent qu'un autre, mais qualifié, d'accéder à cet emploi.


Cela est d'autant plus valable lorsqu'il y a un manque de personnel qualifié.