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Le libéralisme est un totalitarisme

La dimension historique du « libéralisme » -2

25 Janvier 2010, 22:49pm

Publié par Marianne

L'instauration du « libéralisme » : un projet global et cohérent

Selon Duménil et Lévy, (référence dans le précédent article) , « La réplique des classes dirigeantes fut systématique, point par point : la hausse formidable du taux d'intérêt en 1979, le nouveau « gouvernement d'entreprise », entendez une gestion tendant à créer de la valeur pour l'actionnaire, l'ouverture au monde -notamment des pays les plus faibles- au commerce et à l'arrivée des capitaux des pays riches, moyennant quelques crises majeures dans la périphérie, l'indifférence au chômage et à la misère dans les pays du centre, etc. »

Le « libéralisme » qui s'instaure dès la fin des années 1970 est donc bien un projet concerté. Il se manifeste par des ruptures dans divers domaines, mais les directions prises vont toutes dans le même sens, celui d'une reprise en mains du monde.

Le libéralisme, comme idéologie, se diffuse parallèlement à la mise en place de cette offensive. Le libéralisme est le discours de légitimation de cette série de coups de force, il les accompagne mais ne les inspire pas. Il couvre du voile de la rationalité et de l'inéluctable, l'injonction de soumettre à l'ordre du monde qui est en train de se mettre en place ; or celui-ci ne relève pas de la force des choses mais de volontés délibérées et planifiées. Entre les préceptes du « libéralisme » et leur application par ses promoteurs il y a quelques distorsions qui révèlent leur seule et réelle ligne de conduite : la loi du plus fort. Les pays pauvres doivent respecter un libre-échange qui compromet la production locale, tandis que les riches continuent à protéger leurs marchés quand ils pourraient être menacés par celui du « Tiers-monde ».

Il est frappant de constater que ce projet « libéral » relève de décisions de pouvoirs publics, qui modifient les règles du jeu et le cours des choses, et de « modèles » d'action, comme celui de la « corporate governance », qui se diffusent et sont mis en application par une multiplicité d'acteurs privés.

Le « libéralisme » part des Etats-Unis ; il se forge outre-atlantique et sert, d'abord, les intérêts de la bourgeoisie américaine. Les Etats-Unis, dans la guerre économique, dans l'économie conçue comme une guerre, ont une arme de choc : leur monnaie sert de fait de monnaie internationale. La hausse brutale des taux d'intérêts en 1979 par la banque centrale américaine (le choc Volcker, du nom de son président et initiateur de ces mesures) apparaît comme la première pièce du mécano qui va se mettre en place.

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