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Le libéralisme est un totalitarisme

Afrique du Sud : après la tuerie de Marikana, la grève continue

8 Septembre 2012, 09:22am

Publié par Marianne

 

Le massacre de 34 mineurs par la police le 16 août a suscité l'émotion. Alors que les enquêtes sur les responsabilités de la police sont toujours en cours, ce sont près de 200 grévistes qui se sont retrouvés un temps inculpés du meurtre de leurs camarades, en vertu d'une loi controversée datant du régime de l'apartheid. L'émotion suscitée dans le pays a conduit à lever ce chef d'inculpation et à les sortir de prison,où il semble d'ailleurs qu'ils aient été maltraités. Mais ils sont toujours poursuivis pour violence publique et rassemblement interdit.

 

La mine a signé un accord avec le syndicat majoritaire NUM, affilié à la COSATU, mais les grévistes eux-mêmes et le petit syndicat AMCU refusent de s'y associer. Le grand syndicat des mineurs (NUM) perd de sa crédibilité du fait de sa compromission avec les grands groupes miniers. Cyril Ramaphosa, le militant qui a accompagné la constitution du syndicat NUM et ses batailles durant la période de l'apartheid, est aujourd'hui un capitaliste prospère et administrateur de la multinationale propriétaire de la mine, LONMIN.

 

Les mineurs refusent leurs salaires de misère. Ils vivent dans des bidonvilles où les conditions de vie sont déplorables. Celui de Marikana ne serait pas le pire. Dans la plupart des sites où sont logées, loin de tout, les familles des mineurs, elles ne bénéficient d'aucun service, en particulier en matière de santé, souvent l'eau n'est pas potable et les équipements élémentaires d'hygiène publique brillent par leur absence. La compagnie met en avant sa responsabilité sociale et finance quelques réalisations, comme des salles de classes...polluées par l'amiante. L'environnement est dévasté et l'air vicié. Le manque de ressources induit de plus des problèmes liés à la nutrition : nombre d'enfants souffrent du kwashiorkor, maladie liée au manque de protéines.(1)


 

La grève qui perdure à Marikana n'est pas isolée. La colère gronde dans le monde de la mine en Afrique du Sud. Dans une mine d'or, 12.000 mineurs ont arrêté le travail pendant deux jours, insatisfait de la façon dont NUM défendait leurs intérêts. La police est intervenue pour disperser le piquet de grève, blessant quatre personnes. Cette mine avait connu une grève en juin pour le doublement des salaires : 1000 mineurs ont été licenciés.

 

Le chemin est semé d'embûches pour les mineurs, et les tentatives d'instrumentalisation politique de leur révolte ne manquent pas. Mais le divorce semble s'approfondir entre les mineurs et le syndicat « historique » NUM.

 

(1) http://mg.co.za/article/2012-08-27-lonmin-mining-communities-a-powder-keg-of-inequality

Mineurs.jpg

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