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Le libéralisme est un totalitarisme

La question des alternatives : 1 - Les défis

23 Juin 2014, 16:47pm

Publié par Marianne

De quoi parle-t-on qu!and on évoque la mondialisation ? De l’une des figures de l’offensive capitaliste qui a démarré dès la fin des années 1970 et le début des années 1980, et qui a abouti à la financiarisation totale du capitalisme.

Insistons sur le fait que ce sont des décisions des Etats qui ont permis ce processus, et qui ont levé les « obstacles » (à savoir les mesures de régulation mises en place lors des précédentes crises), à l’extraordinaire concentration et mobilité des capitaux, à leur capacité de se saisir des ressources de la planète : les ressources naturelles, mais aussi les ressources organisationnelles que sont les entreprises, les ressources intellectuelles que sont les savoir-faire… Ces ressources, les hommes les ont créées ou se les ont appropriées dans des territoires. Les échanges ont entrainé des complémentarités, ont tissé des tissus économiques locaux et régionaux, et ce tissu économique servait de base à un tissu social et culturel.

Ce capital financiarisé qui a acquis toute latitude répartir la production au mieux de ses intérêts, organise la mise en concurrence des hommes et des territoires. En redessinant la carte de la division internationale du travail, le capitalisme joue l’extraversion des économies. Il s’affranchit ainsi de sa dépendance aux marchés intérieurs - qui supposait une certaine redistribution de la plus-value par le biais des salaires. Ces mises en concurrence, ces éclatements des processus productifs constituent de solides défenses contre les grèves et les mouvements sociaux qui peuvent ponctuellement gêner son fonctionnement, mais ne sont pas actuellement en mesure d’entraver réellement sa progression.

Cette mainmise du capitalisme sur le monde, initiée au début des années 1980, confortée dans les années 1990 après la chute du mur de Berlin, poursuit une marche qui s’accélère. Cette mainmise a une visée globale : économique, par la possession de tous les leviers de l’économie, mais aussi politique, tant le capitalisme a besoin de contrôler totalement les « règles du jeu », idéologique, tant il a besoin d’un rideau de fumée pour dissimuler les ressorts de son pouvoir. La privatisation des services publics, la révision à la baisse des codes du travail partout dans le monde, sont actuellement dans son collimateur. Le pouvoir des Etats est remis en question : le capitalisme ne leur demande qu’une législation à son service et une police pour faire régner l’ordre ; mais il se méfie d’une possible irruption populaire par le biais des urnes. Tout est fait pour corseter leur pouvoir.

En France, la création de « grandes régions », qui n’ont aucune chance de rapprocher le citoyen des décisions qui le concerne, vise à accentuer la mise en concurrence des territoires, à affaiblir le pouvoir de l’Etat en substituant à la cohérence nationale des projets de régions qui tenteront de jouer leur carte au détriment des voisines. La signature du traité européen (nullement renégocié…) instaure la mise en tutelle de la France vis-à-vis de la commission européenne, grand porte-voix s’il en fut des intérêts capitalistes. Enfin le pire est à venir : le « Grand marché transatlantique ». D’une part, il pratique un alignement par le bas des normes qui protègent actuellement les consommateurs sur la qualité des marchandises. L’Etat serait ainsi dépossédé de sa capacité à assurer la sécurité, la santé de ses populations, et à faire reconnaître la spécificité de ses productions nationales. Mais, et c’est aussi beaucoup plus grave, il institue des « tribunaux d’arbitrage » qui pourraient mettre en face à face des multinationales et des Etats, et mettre en cause des politiques publiques si ces dernières venaient compromettre les intérêts des grandes firmes. C’est-à-dire que des intérêts privés, mercantiles, seraient en mis en balance avec les intérêts publics. C’est-à-dire que ce ne serait plus la loi commune qui s’imposerait à tous, puisque aucune instance ne fait autorité au niveau transnational, et que les Etats seraient comptables des politiques mises en oeuvre sur leur territoire, vis-à-vis de multinationales dont les profits ne sauraient être compromis. Nous ne serions plus en démocratie, nous ne serions plus des citoyens, simplement les sujets de l’ordre capitaliste, d’une féodalité économique dont les seigneurs, ceux qui sont au cœur des participations croisées entre grands groupes, pourraient nous imposer leur joug en toute impunité.

Les dégâts sont considérables. Ce capitalisme qui s’affranchit de toutes les règles, miné par ses propres contradictions, nous menace tous. Le « salut par les exportations » finira par rencontrer ses limites. Les catastrophes monétaires guettent le système. Montée des extrêmes droites, implosion du politique dans de nombreux Etats de la planète, montée des risques de guerre… Enfin le pillage inconséquent des ressources naturelles, la montée sans contrôle des pollutions de tous ordres finiront par sanctionner la fuite en avant qui est le ressort profond du capitalisme.

Face à cette montée des périls, une réponse globale s’impose. Les résistances ne suffisent pas, face à la multiplication simultanée de toutes les attaques. Il faut désormais se poser la question : comment attaquer le mal à la racine, c’est-à-dire frapper au cœur du pouvoir capitaliste et mettre en place des alternatives ?

 

  La question des alternatives : 1  - Les défis

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