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Le libéralisme est un totalitarisme

Ils ne s’arrêteront pas !

16 Octobre 2013, 08:50am

Publié par Marianne

 

Le véritable pouvoir capitaliste se dissimule. Ce pouvoir se situe à la tête des multinationales et des grandes banques d’affaires.

 

Le « libéralisme » - entendre par cette expression l’offensive capitaliste qui a pris corps depuis le début des années 1980 – ne cesse d’étendre son emprise sur le monde.

 

Cette offensive est une réaction qui a entrepris méthodiquement de réduire à néant le compromis qui s’était institué entre le capital et le travail et dont le keynésianisme était l’une des facettes. Ce compromis mérite un regard historique. Il s’est élaboré au fil des confrontations entre le capital et le travail. Cette histoire a été scandée par des temps forts, comme la révolte des canuts, le mouvement chartiste en Angleterre, la commune de Paris, la vague de révoltes en 1917 … Si les régimes issus des révoltes populaires n’ont pas tenus leurs promesses, l’existence d’un camp « communiste » a obligé dans l’après-guerre le camp occidental à rendre l’économie capitaliste attractive et à consentir un partage des richesses produites avec les travailleurs, sans pour autant céder quoi que ce soit sur l’essentiel : la propriété du capital et l’orientation de la production. Ce partage de la richesse produite relançait de surcroît la machine capitaliste en assurant des débouchés à sa production. Pourquoi ce système s’est-il enrayé, comment s’est élaborée la réaction capitaliste ? Il n’est pas facile de répondre avec précision à cette question. Selon Dumesnil et Lévy, ce sont les bases mêmes de la domination capitaliste qui s’érodaient (1) ; Michel Husson (2) met l’accent sur la perte de rentabilité du capital, qui détourne celui-ci des activités productives et l’oriente vers les placements financiers et la spéculation.

 

Nous manquons du recul nécessaire pour appréhender toutes les facettes de ce mouvement. Sur la formation de ce projet réactionnaire, quelle part revient aux théoriciens du libéralisme ? En sont-ils les réels inspirateurs ou ont-ils fourni un discours d’accompagnement chargé de produire l’apparence d’une cohérence, de créer une légitimité à un projet de privatisation du monde ?

 

Ce qui est sûr, c’est que la mise en œuvre du projet réactionnaire est passée, et passe toujours, par des mesures prises par les instances politiques. Ces mesures concernent la monnaie, visant la maitriser l’inflation et à sauvegarder la valeur de tous les avoirs financiers, garantissant la liquidité du capital, donc sa mobilité, sa capacité de se déplacer vers tous les secteurs de placement les plus rentables, vers les cieux les plus accommodants. Les mesures de dérégulations, parallèlement, ont détruit les digues à l’intérieur desquelles le capital était maintenu et qui l’obligeaient à prendre en compte d’autres logiques que la sienne. . Cette liberté de circulation du capital permet à son tour d’organiser la mise en concurrence des travailleurs les uns avec les autres, de baisser les salaires, d’instaurer pour les gouvernements des logiques de « moins disant » en termes de rémunération, de droit du travail, de protection sociale, de préservation de l’environnement.

 

Et ce sont toujours des mesures politiques qui continuent à fournir au capitalisme les aliments qui nourrissent son expansion –et qui, le cas échéant, lui sauvent la mise quand il est menacé par ses propres excès. Nous venons de subir une grave régression du droit du travail à travers l’ANI ; nous sommes en train de voir piétiner une de nos plus belles conquêtes, celle du droit à la retraite ; la privatisation du service public se poursuit (celle du rail est dans les tuyaux de la Commission européenne), pour le grand profit des actionnaires… Tous les pays sont concernés par cette dégradation des acquis, quel que soit le niveau atteint par ceux-ci.

 

Il importe de le souligner : ce sont bien des mesures politiques prises par la puissance publique qui sont à l’origine du libéralisme, de la mondialisation, et non de la simple évolution du jeu économique auquel la politique n’aurait point de part, comme on tente de nous le faire accroire ; il ne s’agit pas d’une évolution spontanée, inéluctable, mais bien d’un projet politique reposant sur des « règles du jeu » consciemment décidées et mises en œuvre par les instances publiques. On voit bien l’enjeu : s’il s’agit d’une évolution spontanée, résultant des choix d’une myriade d’acteurs économiques conduisant leurs affaires en toute liberté, elle en devient quasi naturelle, c’est la marche du monde, quasiment la marche du progrès, et il n’y a d’autre choix possible que de s’y ajuster pour en tirer toutes les opportunités. Il n’y a rien d’autre à faire, et depuis le « il n’y a pas d’autres alternative » de Margaret Tatcher le discours n’a pas changé. Mais cette insistance à affirmer que le débat n’a pas de lieu d’être aurait dû nous alerter. Le « libéralisme » repose sur des mesures politiques, et ce qu’une politique a fait, une autre peut le défaire pour faire autre chose. C’est à notre main, pour peu que nous prenions en compte toute la profondeur des changements nécessaires et que nous soyons en mesure d’imaginer une autre marche du monde.

 

Ils ne s’arrêteront pas ! Le recul entraîne d’autres reculs, et la défaite appelle la défaite. Les pouvoirs en place nous susurrent depuis des décennies toujours la même petite musique : celles de la nécessité de petits sacrifices, limités et temporaires, pour sauver l’essentiel, dont seuls des irresponsables sectaires peuvent contester le bien-fondé. Mais ils nous mentent ! Le « temporaire » s’enracine, devient définitif, s’alourdit sans cesse, ne sauve rien, ne stabilise rien, contribue à exacerber les conditions qui justifient toujours de nouveaux sacrifices.

 

Sachons, par-delà les fables que l’on nous raconte, voir la réalité : celle d’une offensive capitaliste qui a mis le politique à ses ordres et qui a entrepris de nous dépouiller méthodiquement de tous nous acquis. Les capitalistes ne s’arrêteront pas, ils ne s’arrêteront jamais quelles que soient les concessions qu’on leur fait.

 

Il est temps pour nous de sortir de cette logique folle et d’imposer nos propres règles du jeu.

 

  1. Duménil-Lévy, « Ivresse libérale, arrogance impériale », in Quelle Europe pour quel monde, Syllepse, 2003
  2. Michel Husson, Un pur capitalisme, Editions Page 2, 2008

Image http://centpapiers.com/wp-content/uploads/Le-capitalisme.jpg

 

 

Ils ne s’arrêteront pas !

Commenter cet article

Mickey 20/07/2014 21:24

J'aimerais vous féliciter pour votre article, vous démontrez que vous ne maitrisez absolument pas votre sujet, confondre ainsi libéralisme et capitalisme est une erreur digne d'un politicard au sens péjoratif du terme, essayez de vous informer sur les origines et les fondements du libéralisme, et vous comprendrez à quel pour celui-ci n'est pas votre ennemi.
Le capitalisme à outrance est plus dangereux et peur être utilisé par dessus une politique libérale, mais aussi socialiste comme en France. La France souffre de sa schizophrénie, d'être hypersociale et capitaliste en même temps, et cela ne fonctionne pas.

Etre réactionnaire, c'est ne pas vouloir de changement, les syndicats qui bloquent tout changement sont bien plus réactionnaires que toute forme de libéralisme.